
Quentin Tarantino a épousé la chanteuse israélienne Daniella Pick en novembre 2018. Le couple a eu un fils en 2020 et a annoncé la naissance d’une fille en juillet 2022. Ce sont des événements rendus publics par le cinéaste et son entourage, qui inscrivent sa vie familiale dans un parcours surtout connu pour ses films.
La célébrité occupe également une place dans son propre récit. Dans un entretien avec Gabriel Lerman pour La Vanguardia, publié en juillet 2021, il a rappelé qu’il espérait se faire connaître auprès des réalisateurs, des critiques et des étudiants, mais qu’il n’avait pas anticipé une reconnaissance populaire aussi rapide. Il évoquait l’ampleur de sa notoriété après Pulp Fiction, avec le recul de nombreuses années de travail.
Ses apparitions à la radio et à la télévision donnent à voir des conversations de tonalités différentes : commentaires sur sa famille, discussions sur ses choix et désaccords avec les questions posées. La famille qu’il décrit et l’auteur qui prend la parole au micro permettent d’observer différentes facettes de sa biographie.
Avant de fonder une famille avec Daniella Pick, Tarantino avait déjà parlé publiquement de cette éventualité. The Talks l’a interrogé à ce sujet en octobre 2013. Sa réponse laissait ouverte la possibilité d’avoir des enfants et de consacrer une période ultérieure aux livres, sans fixer de calendrier précis.
La famille et la paternité dans ses déclarations
Dans l’entretien accordé à La Vanguardia en 2021, Tarantino a établi une distinction entre se rendre dans d’autres pays pour promouvoir ses films et y élever un enfant. Il a décrit la vie auprès de la famille et des amis de son épouse comme une expérience différente des voyages professionnels. Sa relation avec Daniella Pick et la paternité s’inscrivait dans un quotidien partagé entre les cultures.
Il a également expliqué qu’il aimait observer les réactions de son fils et qu’il se sentait plus émotif. Interrogé sur la possibilité qu’il ait fait ses films autrement, il a répondu qu’il ne pensait pas que la paternité l’ait changé sur le plan artistique, tout en reconnaissant s’être posé la question. Sa réponse décrivait une expérience affective sans lui attribuer automatiquement d’effet sur son cinéma.
L’annonce du couple, publiée par Entertainment Tonight le 5 juillet 2022, a confirmé la naissance de leur fille le 2 du même mois. Le communiqué la présentait comme la petite sœur de Leo, né en février 2020.
À propos de la relation avec son père, Tony Tarantino, le cinéaste a expliqué à Benjamin Secher, dans un entretien publié en 2010, que celui-ci n’avait pas fait partie de sa vie. La conversation a été publiée dans The Telegraph et reprise par Gulf News. En 2015, se souvenant auprès de Dan Rather d’avoir vu Le Bon, la Brute et le Truand avec son père, il a précisé qu’il parlait de son beau-père.
Questions difficiles et conversations au long cours
Le 2 janvier 2013, Terry Gross l’a interrogé dans l’émission Fresh Air sur le lien entre la violence au cinéma et la violence réelle. Tarantino a exprimé son agacement et fait remarquer qu’il répondait à cette question depuis deux décennies. Gross a précisé qu’elle parlait des personnages et de l’expérience du spectateur. Cet échange s’inscrit dans sa relation avec la presse : le désaccord portait sur la question et ses implications. La conversation a également évoqué des souvenirs de films et des commentaires sur les westerns, qui occupent une grande partie de l’entretien.
Dans The Big Interview, en 2015, Dan Rather a reconnu que la question de la violence avait été abordée à de nombreuses reprises. Il l’a interrogé sur le mélange de réactions suscitées par ses films, et Tarantino a répondu en évoquant des émotions parfois contradictoires. Le dialogue s’est poursuivi sans se limiter au désaccord autour d’une question. Au début de l’émission, le cinéaste avait raconté qu’il suivait ces entretiens en tant que spectateur et qu’il avait vu plusieurs fois celui consacré à Aaron Sorkin. Son intérêt pour l’exercice faisait partie de la conversation dès le départ.
Priorités personnelles et projets exprimés en public
Dans l’entretien accordé à Secher en 2010, Tarantino décrivait la réalisation de films comme l’activité à laquelle il consacrait alors tous ses efforts. Il comparait cet engagement à celui d’une personne qui se fixe pour objectif de gravir une montagne : tant qu’elle s’y emploie, cette tâche accapare toute son attention. Il expliquait ainsi la priorité qu’il accordait à la réalisation à cette époque et son désir de profiter de ces années pour travailler dans le cinéma.
Quand The Talks l’a de nouveau interrogé sur l’avenir en 2013, il a dit qu’il aimerait arrêter de réaliser des films vers l’âge de soixante ans. La même réponse reconnaissait qu’il pouvait changer d’avis et en tourner d’autres par la suite s’il le souhaitait. Ses projets concernant sa carrière mentionnaient la critique de cinéma et les romans. Il avait exprimé une préférence sur la manière dont il souhaitait employer son temps ; cet entretien ne confirmait pas la date de son dernier film.
The Talks lui a également demandé s’il regarderait un film inspiré de sa propre vie. Il a répondu qu’il pourrait se sentir flatté, mais qu’il ne le regarderait pas. Cette réserve apporte une nuance à sa visibilité publique : il pouvait parler d’expériences personnelles tout en gardant ses distances avec l’idée de devenir le protagoniste d’un récit biographique écrit par quelqu’un d’autre.
Dans un entretien avec Empire publié en juillet 2022, Tarantino s’est présenté en spectateur aux côtés de son fils. Il a raconté qu’il avait choisi ce qu’il pensait être un dessin animé des Minions, avant de découvrir qu’il s’agissait de Moi, moche et méchant 2. Leo s’est intéressé au générique du début et ils ont continué à regarder le film.
Le visionnage s’est étalé sur une semaine, par petites séquences, avec des pauses adaptées au rythme de l’enfant. Tarantino l’a présentée comme le premier film que son fils avait vu. Dans ce même entretien, il a dit qu’il regardait souvent Peppa Pig et qu’il aimait la série.
Ce récit offre un aperçu du quotidien de son expérience de père : accompagner une attention qui se manifeste, s’interrompt, puis revient vers l’écran. La durée de chaque séance dépendait de ce moment partagé. Son enthousiasme de spectateur cohabitait avec une façon de regarder des films façonnée par les besoins et la curiosité d’un jeune enfant.
