La musique de Once Upon a Time... in Hollywood circule entre voitures, maisons, télévision et salles de cinéma. L’album officiel restitue une partie de cette expérience à travers des chansons et des extraits radiophoniques, mais ne contient pas tout ce que l’on entend à l’écran.
Les 31 pistes de l’album officiel
Publié par Columbia Records en 2019, l’album rassemble des chansons, des publicités et d’autres interventions radiophoniques. Son ordre permet d’écouter une sélection continue du paysage sonore du film, mais ne constitue pas un inventaire exhaustif de tous ses extraits musicaux. Il existe aussi des différences entre une chanson complète, une version éditée et le bref passage que l’on peut entendre au cours d’une scène. Identifier l’interprète et la version permet de ne pas confondre plusieurs enregistrements d’un même titre.
La liste ci-dessous reprend les 31 pistes de l’album. Les séquences publicitaires sont signalées pour les distinguer des chansons. Cette distinction est utile, car l’écoute alterne musique et voix de radio, au lieu de se présenter comme une compilation classique où chaque piste contient uniquement une interprétation musicale.
- 1. Treat Her Right — Roy Head & The Traits.
- 2. Ramblin’ Gamblin’ Man — The Bob Seger System.
- 3. Hush — Deep Purple.
- 4. Mug Root Beer Advertisement — publicité.
- 5. Hector — The Village Callers.
- 6. Son of a Lovin’ Man — Buchanan Brothers.
- 7. Paxton Quigley’s Had the Course — Chad & Jeremy.
- 8. Tanya Tanning Butter Advertisement — publicité.
- 9. Good Thing — Paul Revere & The Raiders.
- 10. Hungry — Paul Revere & The Raiders.
- 11. Choo Choo Train — The Box Tops.
- 12. Jenny Take a Ride — Mitch Ryder and the Detroit Wheels.
- 13. Kentucky Woman — Deep Purple.
- 14. The Circle Game — Buffy Sainte-Marie.
- 15. Mrs. Robinson — Simon & Garfunkel.
- 16. Numero Uno Advertisement — publicité.
- 17. Bring a Little Lovin’ — Los Bravos.
- 18. Suddenly / Heaven Sent Advertisement — publicité.
- 19. Vagabond High School Reunion — intervention radiophonique.
- 20. KHJ Los Angeles Weather Report — bulletin météo.
- 21. The Illustrated Man Advertisement / Ready for Action — publicité et musique.
- 22. Hey Little Girl — Dee Clark.
- 23. Summer Blonde Advertisement — publicité.
- 24. Brother Love’s Traveling Salvation Show — Neil Diamond.
- 25. Don’t Chase Me Around — Robert Corff.
- 26. Mr. Sun, Mr. Moon — Paul Revere & The Raiders, avec Mark Lindsay.
- 27. California Dreamin’ — José Feliciano.
- 28. Dinamite Jim, version anglaise — I Cantori Moderni di Alessandroni.
- 29. You Keep Me Hangin’ On, montage de Quentin Tarantino — Vanilla Fudge.
- 30. Miss Lily Langtry — Maurice Jarre.
- 31. KHJ Batman Promotion — spot promotionnel radiophonique.
Quel enregistrement entend-on et à quoi sert-il ?
Deep Purple apparaît avec Hush et Kentucky Woman. La présence de ces deux titres rappelle qu’un groupe peut occuper différentes places dans une sélection sans se réduire à sa chanson la plus connue. Le son de l’orgue, des guitares et de la voix donne de l’épaisseur à une ville où la musique accompagne les déplacements et les réunions. Le film n’a pas besoin de retracer toute l’histoire du groupe pour intégrer cette énergie aux mouvements des personnages.
Paul Revere & The Raiders occupe une place particulièrement visible dans la sélection. Good Thing, Hungry et Mr. Sun, Mr. Moon figurent sur le disque, tandis que le long métrage fait aussi référence au groupe et à son image télévisuelle. Il convient de distinguer cet usage culturel d’une reconstitution documentaire de toutes les relations personnelles du groupe. Entendre une chanson dans une maison fictive ne prouve pas qu’elle y a été diffusée à une date précise dans la réalité.
California Dreamin’ est interprétée par José Feliciano sur l’album. Cette précision compte, car le titre est souvent immédiatement associé à The Mamas & The Papas. Changer de version modifie la texture, l’articulation de la voix et le rapport au rythme. Une liste qui ne mentionnerait que les titres des chansons omettrait cette information et pourrait amener à écouter un enregistrement différent de celui que l’on cherche en se remémorant une scène.
Le film donne le ton dès son ouverture avec Treat Her Right, de Roy Head & The Traits. À l’autre bout du registre émotionnel, You Keep Me Hangin’ On, de Vanilla Fudge, accompagne l’affrontement final et figure dans une version identifiée comme un montage de Tarantino. Le disque précise explicitement cette variante. Il ne faut pas la présenter comme si toutes les éditions du titre avaient la même durée, ni comme une composition originale écrite pour le film.
Ce que l’album ne contient pas
Out of Time, des Rolling Stones, s’entend dans le long métrage, mais ne figure pas parmi les 31 pistes ci-dessus. La version orchestrale associée à Metamorphosis joue un rôle important lors du retour à Los Angeles et à l’approche de la nuit d’août. Son absence de l’album montre pourquoi une compilation officielle et la bande originale complète d’un film sont deux ensembles liés, mais différents.
On entend aussi des musiques tirées d’émissions de télévision et de films regardés à l’intérieur du film. Ces extraits accompagnent des images que les personnages regardent ou dans lesquelles ils jouent. Leur fonction peut être très brève : faire reconnaître une émission, changer l’atmosphère d’une pièce ou conserver le son d’un contenu préexistant. Leur courte durée ne les rend pas insignifiants, même s’il est difficile de les transformer en une liste de chansons autonomes comparable à l’album commercial.
Les publicités et les voix de KHJ assurent la continuité entre des morceaux qui, isolés, pourraient ressembler à une simple compilation rétrospective. Un bulletin météo situe l’écoute dans une journée donnée ; un spot promotionnel restitue le débit rapide de la radio commerciale. Cette texture aide à imaginer une ville où plusieurs personnes peuvent écouter la même émission tout en vaquant à des activités différentes. Le son relie les lieux sans que les personnages aient besoin de se rencontrer.
Écouter l’album en entier permet d’apprécier cette construction, tandis que revoir les scènes montre comment chaque morceau change lorsqu’il est associé à une image. Une même chanson peut sembler expansive pendant un trajet ou inquiétante lorsque le spectateur sait ce qui se profile. Le disque suit son propre parcours musical ; le film y ajoute des regards, des silences, des bruits et des événements qui en modifient le sens à chaque apparition.
Pour en savoir plus, consultez le guide de Once Upon a Time... in Hollywood.
