Le massacre de la chapelle de Two Pines a lieu pendant les répétitions d’un mariage à El Paso. Beatrix est enceinte et prépare son mariage avec Tommy lorsque Bill fait son apparition. La visite commence par une rencontre gênante entre des personnes qui se connaissent et se termine par l’attaque qui déclenche sa vengeance. Beatrix survit, bien que ses agresseurs la laissent pour morte.
La scène est racontée à différents moments des deux volumes. Le premier commence vers la fin de l’agression, puis en montre les conséquences. Le second revient aux répétitions et à la conversation qui les précède, alors qu’il reste encore un mariage à organiser et que les autres personnes présentes ignorent la véritable relation entre Bill et la mariée.
Bill raconte plus tard comment il l’a retrouvée. Son récit donne une raison à sa recherche, mais ne précise pas les étapes qu’il a suivies. Il faut distinguer cette version de ce qui se passe à l’écran : son arrivée, la mise en scène d’un lien familial et l’entrée des tueurs.
Pourquoi Bill se rend à la chapelle
Avant l’attaque, Beatrix a abandonné la vie qu’elle menait avec Bill et cherche à élever l’enfant qu’elle attend loin de cette organisation. Son mariage avec Tommy s’inscrit dans ce projet. Lorsque le film revient aux répétitions, elle a déjà une vie quotidienne et des proches avec qui préparer la cérémonie. L’arrivée de Bill menace de réunir une vie qu’elle a quittée et une autre qu’elle a tenue à l’écart.
Bill raconte plus tard qu’il a cru Beatrix morte, qu’il l’a pleurée pendant trois mois et qu’il l’a retrouvée en cherchant ceux qu’il croyait être ses meurtriers. C’est l’explication qu’il donne de son arrivée.
Beatrix a commencé une vie sous une autre identité à El Paso. Lorsque le récit revient aux répétitions, Bill se trouve déjà sur le porche ; le chemin qui l’a conduit jusqu’à cette adresse n’est pas montré.
Le récit ultérieur de Bill tente aussi de présenter sa violence comme une réaction à ce qu’il a ressenti. La mise en scène de la chapelle permet de confronter cette explication à son comportement : il peut discuter, sauver les apparences et échanger avec Tommy avant l’entrée des assaillants. La séquence montre cette attente et cette courtoisie, pas seulement l’instant du tir.
Une répétition de mariage et un faux père
Au départ, la réunion a un caractère pratique. L’officiant passe en revue les détails avec le couple ; des amis sont présents, ainsi qu’un musicien qui participera à la cérémonie. La robe de Beatrix peut laisser penser que le mariage a déjà commencé, mais il s’agit des répétitions. Tommy est encore son fiancé. Cette distinction situe l’attaque avant qu’ils aient pu mener à bien leur projet commun.
La présence de l’organiste de la chapelle contribue à installer un ton quotidien. Avant que Bill ne prenne part à la conversation, le lieu sert à décider comment célébrer un mariage. Ces préparatifs exigent la coopération de personnes qui comptent se retrouver pour la cérémonie. La menace vient d’une relation que la plupart d’entre elles ignorent.
Beatrix sort sur le porche et trouve Bill en train de jouer de la flûte. Leur conversation change lorsque Tommy s’approche : elle présente Bill comme son père, et il accepte de jouer ce rôle. Tommy accueille ainsi cet homme en croyant à tort qu’il fait partie de sa famille. Leur salut cordial n’a pas le même sens pour ceux qui l’échangent et pour Beatrix, qui les connaît tous les deux.
La description de licence de Visual Icon reprend ce passage du dialogue privé à la présentation du prétendu père. Dans la scène, le mensonge permet de maintenir une apparence de normalité pendant quelques minutes. Bill trouve une place acceptable dans la réunion sans expliquer sa relation passée avec la mariée. Beatrix retourne aux préparatifs après lui avoir dit au revoir ; les répétitions reprennent sous une menace qui s’est déjà introduite dans les lieux.
Comment l’attaque est montrée dans les deux volumes
Au début du premier volume, la violence se concentre sur le visage blessé de Beatrix. Bill est associé à une voix, une main et au mouchoir portant son nom. Le cadrage restreint la vue d’ensemble de la chapelle : l’essentiel est la relation immédiate entre l’homme qui parle et la femme allongée au sol. Le coup de feu retentit alors qu’elle fait allusion à l’enfant qu’elle attend de lui.
L’intervention d’Earl McGraw montre ensuite le résultat collectif de l’attaque et permet de découvrir que Beatrix est toujours en vie. Les souvenirs de l’agression ajoutent des images de ceux qui y ont pris part. Les informations sont réparties entre le corps de la survivante, l’examen des lieux et les souvenirs de la protagoniste. Il ne faut pas confondre ces retours en arrière avec des attaques distinctes dans la chronologie de Kill Bill.
Le second volume revient sur ce qui s’est passé avant ce dénouement. Après la conversation avec Bill, la caméra s’éloigne de l’intérieur et révèle l’arrivée des autres assaillants. Leur entrée brise la séparation entre le lieu du mariage et celui de l’organisation criminelle. Les coups de feu se font entendre depuis l’extérieur ; la distance laisse hors de vue une grande partie de la violence que nous connaissons déjà par ses conséquences.
Les responsables sont des membres de l’escadron des Vipères assassines, avec Bill à leur tête. La séquence réunit leurs actions au sein d’une même attaque, dont tous les membres partagent la responsabilité. Le groupe fait irruption, armé, dans une réunion où les autres personnes présentes préparaient un mariage. La survie de Beatrix fait de cette tentative d’assassinat le point de départ de sa riposte.
Two Pines est censée se trouver dans une chapelle d’El Paso, mais le tournage a eu lieu à Hi Vista, près de Lancaster, en Californie. Dans son reportage de 2023 pour L.A. TACO, Jared Cowan rapporte que le responsable des repérages, Doug Dresser, explique qu’ils cherchaient un carrefour isolé. Kyle « Snappy » Oliver a découvert le bâtiment lors de recherches dans le désert et a contacté la personne qui en avait la gestion.
L’équipe artistique de David Wasco et Sandy Reynolds-Wasco a transformé l’intérieur. D’après les souvenirs de Dresser et des décorateurs rapportés dans l’article, il y avait une moquette bleue, des chaises pliantes et un faux plafond qui dissimulait la structure d’origine. Ce plafond a été retiré pour laisser apparaître le bois et les poutres. Ils ont ajouté le porche, de vieux bancs, des vitraux et des lambris. Ils ont également remplacé la moquette et le linoléum par un parquet : Wasco relie ce choix aux gros plans et au son des bottes de cow-boy que Tarantino souhaitait intégrer.
