La voiture que conduit Butch dans Pulp Fiction est une Honda Civic blanche, identifiée par Honda elle-même comme un modèle de 1980. Elle appartient à Fabienne, mais le boxeur prend le volant lorsqu’il doit retourner à son appartement. Sa petite carrosserie, avec deux portes latérales et un hayon, apparaît dans les rues de Los Angeles avant qu’une rencontre inattendue ne change le cours du trajet.
La Civic entre en scène à ce moment de l’histoire comme un moyen de se déplacer tandis que le couple prépare son départ. Butch doit récupérer quelque chose qu’il a laissé dans le logement et espère retourner au motel. La voiture fait partie de son plan, mais elle l’expose aussi au regard de celui qui le poursuit : Marsellus peut le reconnaître à travers le pare-brise lorsqu’il passe devant lui.
La scène joue sur la proximité entre un piéton et une voiture à l’arrêt. À l’intérieur du véhicule, Butch bénéficie momentanément d’un avantage physique ; autour de lui, la circulation continue, hors de son contrôle.
Une Civic de 1980 : modèle, carrosserie et propriétaire
Honda España identifie la voiture de Pulp Fiction comme une Civic de 1980 dans son article de 2022 consacré aux anecdotes sur le modèle. L’histoire de la Civic publiée par Honda México situe cette année dans la deuxième génération, qui comprenait une carrosserie à hayon trois portes.
Dans les plans où la voiture circule, on distingue cette configuration : deux portes latérales et un hayon arrière, sans coffre proéminent formant un volume séparé. À l’avant, elle possède deux phares ronds, une calandre noire et des pare-chocs aux extrémités sombres. La peinture blanche présente des traces d’usure dans la partie basse de la carrosserie. Ces caractéristiques lui donnent une allure ordinaire parmi les véhicules de la rue ; le film permet de la reconnaître en mouvement, sans interrompre l’action pour la mettre en valeur.
La voiture appartient à Fabienne. La continuité dialoguée finale de 1994 le confirme à deux reprises : Butch annonce qu’il va prendre sa Honda, puis elle l’interroge sur la voiture.
Le retour à l’appartement
Dans l’épisode de la montre en or, la Honda relie le motel au quartier de l’appartement. La montre oubliée oblige Butch à interrompre le départ qu’il préparait avec Fabienne et à retourner dans un endroit où quelqu’un pourrait l’attendre. La voiture lui permet de s’y rendre ; il effectue à pied le dernier trajet jusqu’à l’immeuble.
La décision revient à Butch Coolidge, qui prend le risque de retourner chercher un objet auquel il refuse de renoncer. La voiture est laissée à l’écart de l’action, à l’intérieur du logement. Cette séparation distingue les deux étapes du retour : arriver dans le quartier, puis pénétrer dans un lieu potentiellement surveillé. La menace se concentre d’abord dans l’appartement, tandis que la Civic attend dehors.
Une fois la montre récupérée, Butch reprend le volant. La suite du trajet est facile à suivre puisqu’il remonte dans la même voiture que celle avec laquelle il est arrivé. Le spectateur connaît sa destination prévue, le motel, et sait qu’il doit encore retrouver Fabienne. Cette destination en attente suffit à donner un objectif concret à la conduite dans le récit.
La rencontre avec Marsellus et la collision
La rencontre avec Marsellus Wallace a lieu à un carrefour. Le gangster traverse à pied devant la Honda et découvre Butch au volant. Le pare-brise leur permet de se reconnaître. Pendant un instant, la scène ressemble à une situation ordinaire à l’arrêt : l’un attend dans la voiture et l’autre traverse la chaussée.
Butch met fin à cette situation en accélérant en direction de Marsellus. Il le renverse délibérément et fait de la Civic l’instrument immédiat de son agression. Jusqu’alors, la voiture lui servait à parcourir une distance ; désormais, elle avance en réaction à la présence d’un ennemi à quelques mètres. Ce geste révèle une réaction rapide et violente face au risque d’être découvert.
L’action est interrompue lorsqu’une autre voiture percute la Honda. Il faut distinguer les deux chocs : Butch dirige le véhicule contre Marsellus, mais il est ensuite heurté par la circulation qui traverse le carrefour. Le film enchaîne une décision du conducteur et une collision qui l’empêche de maîtriser la suite de sa fuite.
Butch est blessé dans la Civic et finit par l’abandonner pour s’enfuir à pied. L’habitacle ne lui offre plus l’avantage qu’il semblait lui donner face à Marsellus : la voiture immobilisée, il doit en sortir et s’exposer dans la rue. La suite de l’affrontement dépend désormais de ses déplacements hors de la voiture.
La radio occupe une partie de l’habitacle de la Civic. Pendant le trajet, Butch chante sur l’enregistrement et s’accorde un moment de distraction après avoir quitté l’appartement. Bruce Willis exprime ce soulagement sans avoir besoin d’un autre personnage à ses côtés : sa voix, sa posture au volant et l’attention qu’il porte à la musique suffisent à changer l’atmosphère de la scène. La chanson sort d’un appareil qui fait partie de la situation et décrit ainsi la façon dont le conducteur passe ce moment.
La musique donne du temps au trajet. Après toutes les précautions prises dans l’immeuble, voir Butch chanter donne l’impression, l’espace d’un instant, que son départ s’est bien passé. Cette brève pause musicale explique la brusquerie avec laquelle surgit l’homme qui continue de le chercher. Le calme s’est installé dans la voiture elle-même, grâce à un geste ordinaire du conducteur, avant que la rue ne réclame à nouveau toute son attention.
